• couque scolaire (Bonjour Quand Même chronique 13112008-Christine Masuy Jean-Pierre HAUTIER)

    - Mais c'est vrai que c'est une petite fille, elle a tout juste dix ans. Mais en même temps, la moitié de sa vie a été occupée par la guerre, elle a sans doute pas manger tous les jours à sa faim, et oui, elle comprend le désarroi de ces hommes. Or, il se fait que, dans sa mallette, elle a un bout de pain, c'est ce que dans la région, à l'époque, on appelait la couque scolaire : c'est une petite miche de pain blanc que les écoles, quand elles le peuvent, donnent aux enfants en se disant qu'ils auront toujours ça dans l'estomac. Or ce jour-là, Yvonne [Vieslet] n'a pas mangé sa couque scolaire, alors on ne sait pas trop pourquoi, peut-être la ramenait-elle régulièrement à la maison. Mais là, voyant ces soldats affamés, elle n'écoute que son bon coeur, elle s'approche du grillage, elle ouvre sa mallette, elle prend la miche de pain et elle la tend à un des soldats. Et à ce moment-là, un coup de feu claque et Yvonne s'écroule. C'est une sentinelle allemande, postée non loin de là, qui a vu la petite fille offrir son pain, alors il a épaulé et il a tiré.
    - Une petite fille de dix ans.
    - C'est précisément pourquoi on dit que c'est la plus jeune héroïne de la Grande Guerre. Elle décédera quelques heures plus tard, dans l'hôpital civil de Marchienne. Les médecins ne peuvent rien faire pour elle. Elle sera enterrée à Monceau, dans l'enclos des fusillés, avec les 63 innocents qui avait été tués par les Allemands au début de la guerre.

    Bonjour Quand Même, chronique 13/11/2008 - Christine Masuy & Jean-Pierre HAUTIER


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